De la médecine a l'heure du "tout connecté"

Le 13/07/2018
Par Lionel REICHARDT – alias Pharmageek.

Qu’on le veuille ou non, le Monde a changé depuis 30 ans. D’abord avec l’arrivée du web puis d’internet.
Ensuite, il y a 15 ans les premiers réseaux sociaux faisaient leur apparition puis il y a 10 ans naissait le premier smartphone. Nous avons alors pris l’habitude de passer nos doigts sur les écrans pour naviguer et d’utiliser des stores d’applications pour les télécharger.
Enfin depuis quelques années c’est la révolution de l’« Internet des objets » : nos téléviseurs, nos montres, nos voitures,…Tout sera bientôt connecté.

La santé n’échappe pas à ce mouvement.

Dès 2015, le Conseil National de l’Ordre des Médecins s’est emparé du sujet pour apporter des éléments de réflexion. Le livre Blanc « Santé connectée : de la e-santé à la santé connectée » soulève des interrogations éthiques et déontologiques et aborde aussi des questions pratiques concernant l’avènement de cette santé connectée dans la pratique des médecins mais aussi dans les usages des patients.

Source : https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf

Depuis l’offre en santé connectée a explosé. On estime à 325 000 le nombre d’applications mobiles santé/bien-être disponibles aujourd’hui dans les stores d’applications.

De même le nombre d’objets connectés « santé » s’est considérablement accru allant de la classique balance qui devient connectée aux objets les plus médicaux comme le glucomètre, tensiomètre ou autre spiromètre…

Mais comment s’y retrouver ? qu’est ce qui est du domaine du gadget et qu’est ce qui rentre dans le champ du dispositif médical ?

C’est tout l’enjeu du référentiel publié par la Haute Autorité de Santé fin 2016.

101 règles de bonne pratique pour favoriser le développement d’applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

Source : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016- 10/3.2_objets_connectes_en_sante.pdf

Mais si la santé connectée entre de plus en plus dans les produits grand-public, les professionnels de santé eux aussi sont équipés de plus en plus.

Du smartphone dans la blouse en passant par certains objets qui entrent dans le cabinet et s’interfacent avec le dossier patient, de plus en plus de médecins ont recours aux nouvelles technologies pour optimiser la consultation.

Plus de 78% des médecins ont déjà téléchargé des applications professionnelles et ils sont 58% à se déclarer prêts à utiliser des tablettes tactiles pendant la consultation.

Source : https://www.medappcare.com/barometre-du-pharmacien-connecte-et-du-medecinconnecte/

C’est ce qui ressort du dernier baromètre « Médecins connectés » mais il n’en reste pas mois qu’une certaine défiance voire méfiance reste de mise et que le besoin d’information sur l’origine des applications, leur fiabilité et leur sécurité est indispensable.

« Les résultats sont à la fois positifs et très révélateurs de la réalité dans laquelle se trouvent les médecins. Ils sont ainsi persuadés du bénéfice que pourraient apporter les applications à la santé de leurs patients mais un tiers seulement des médecins interrogés seraient prêts à en recommander en 2018. La défiance, sans aucun doute, face à la sécurisation des données (le niveau de confiance des médecins baisse drastiquement sur les 4 baromètres). Mais aussi le manque d’information, puisque les médecins disent surtout ne pas savoir quelles applications recommander. En réalité, la motivation des médecins dépend de leurs patients et de leurs profils (s’il est technophile, s’il est jeune) et surtout des pathologies qu’ils doivent « gérer ». Ce baromètre met donc en lumière le besoin des médecins d’être mieux informés sur l’origine des applications, leur validité scientifique dans le temps et la protection des données, avec un impératif majeur : que cette « validation » provienne de leurs pairs ou d’un organisme indépendant. »

Source : http://www.globalmediasante.fr/2018/04/16/resultats-2018-du-barometre-du-medecinconnecte/
 

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